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La chute de l'esprit

La Divinité dans l'Unicité (Extrait 2)

29 Septembre 2014, 00:13am

Publié par Alexandre HArhash

La Divinité Dans l'Unicité


Toute culture et tout peuple depuis les temps immémoriaux manifeste la conscience de la transcendance divine, et l'intègre naturellement dans la vie, sans contrainte. C'est là la position et l'attitude initiale de l'Homme face à la question de la divinité qui fait partie intégrante de son existence. L'absence de divin et de sacré est inconnu de la civilisation et de la culture, quel que soit le continent concerné. Il s'agit d'une constante, comme les nombreuses qui suivront et que nous exposerons. L’épisode du matérialisme ne représente qu'une période infime dans les 6000 ans qui nous mènent au début de l'Histoire, c'est à dire au point où notre mémoire des faits commence. En dehors de cette période, le reniement du Divin est inconcevable dans l'esprit humain. Ce que l'homme moderne ne peut concevoir, lui, c'est l'existence d'un autre paradigme en dehors du sien propre, à savoir que le monde tel que conçu par les anciens n'est pas appréhendable pour l'esprit matérialiste et moderne. Chez ces derniers, la spiritualité, la transcendance et le Divin sont des notions naturelles ; et bien avant l'institution théologique des monothéismes il n’y a d'ailleurs pas de séparation entre la nature, ses phénomènes, et les forces subtiles qu'implique une telle vision du monde. Dans la période antique il n'existe pas de conception de la religion telle que le monde la conçoit depuis la prise de pouvoir par l'Eglise Catholique et l'expansion monothéiste, à savoir une réalité unique imposable à autrui ; une réalité insuffisamment ancrée dans la vie quotidienne de l'homme pour s'imposer naturellement, sans conversions, ni conquêtes. Avant ces phénomènes ecclésiastiques, il n'y avait durant cette période antique (cela vaut également pour les Hebreux, peuple antique), nulle guerre de Religion, cela s'explique par l'absence de séparation de la question de la Divinité avec la vie quotidienne et pragmatique de l'homme. Il ne s'agissait donc pas d'une croyance ou d'une adhésion, cette dernière relevant d'exigences sectaires, mais d'une réalité vivante. Le terme Religion, associé au latin religare témoigne simplement de la reliance de l'homme au divin.

Les Romains n'imposèrent pas leur religion aux peuples conquis, comme cela se serait fait dans des périodes plus tardives, puisque le Culte et le fait religieux étaient alors indissociables de la culture et de la Terre habitée. Nous voyons par exemple Jules César dans "guerre des Gaules" reconnaître dans le Lug des Gaulois l'équivalent du Mercure Romain, et en faire le commentaire (cette équivalence étant par ailleurs parfaitement exact, révélant la finesse de l'esprit de l'homme antique, et César, au demeurant parfaitement rationnel ne pouvait, en homme de son temps, ignorer ces réalités du domaine sacré qui l'imprégnaient dans son existence). Cette conception du fait religieux est ainsi la seule authentique, car elle est la plus saine, la plus originelle, la plus universelle et la moins génératrice de conflits. Ce sont les modes d'existences des anciens qui nous la révèlent, d'ailleurs bien au delà de la conception intellectuelle - contrairement à la façon dont pourrait l'entrevoir l'homme moderne dans sa tentative de comprendre - mais comme un fait naturel, concret et vivant (indissociable de la connaissance, de la science). Il n'existe pas dans l'histoire humaine de "gestion" plus pacifiée du fait religieux que durant la période antique, durant laquelle l'empreinte du sacré dans l'esprit de l'être humain aura été la plus forte, présente dans tous les aspects de sa vie, et indissociable de cette dernière.


Chez les peuples dit "animistes", Tribus africaines ou Amérindiennes par exemple, on trouve également cette vision analogue partagée avec notre antiquité, et notamment cette absence d'exclusivité de la divinité : la Divinité ne peut appartenir à un peuple. Cette perspective sera écornée et rendue obsolète au fil des siècles avec l'arrivée de la "tradition monothéiste", mais cet endommagement de la réalité fondamentale et universelle de la non-exclusivité du Divin provient d'une distorsion des enseignements des Hébreux par les interprétations successives qui en ont été faites, le texte révélé en lui même n'en est pas la cause. Ainsi tous les enseignements font état de la transcendance absolue du fait divin, mais chaque culture révèle la divinité selon les formes qui lui sont propres, conformément à la révélation dont elle est tributaire, à la condition du Temps et de l'espace (1).

1 C'est là le sens du Nom Divin Ehyéh "je serai ce que je serai" selon le temps et le lieu où j'apparaîtrai.

Par temps nous entendons période, les cosmologies germaniques et Helléniques sont par exemple clairement empreintes de la réalité historique des "royaumes conquérants" soit l'âge du Fer et l'édification de royaumes guerriers et non plus pastoraux (l'Ere que l'antiquité connaît comme celle "des Bergers d'Arcadie", précédent l'age du Fer), on les retrouve nommé dans la Thora comme "Heros Nephilim". Le culte de ces deux civilisations correspond ainsi à ces formes guerrières, leur Dieux sont tous guerriers, et sont comme l'incarnation de la divinité unique dans ces forces multiples alors conditionnées par la période (âge du Fer et royaumes conquérants) comme nous le verrons plus loin. Par Espace nous entendons Territoire et forces naturelles, selon les forces naturelles auxquelles sera confronté un peuple, sa vision de la divinité différera. Cela à partir du moment où cette réalité divine s'incarnera dans l'intéraction perpétuelle avec ces mêmes forces, dans un dialogue de proximité avec le divin. On l'observe par exemple chez les Celtes, ce peuple indo-européen vivant dans les vastes forêts d’Europe, chez qui la diversité et les vertus des Arbres jouèrent un rôle cosmologique important, en plus des forces archétypales des animaux rencontrés sur les terres qu'ils habitaient. Toutes ces formes multiples, en apparence disjointes témoignent toutes du désir d'atteindre l'unicité de la Divinité dans une proximité immédiate et sensuelle de l'homme avec le principe créateur, proximité qui ne peut s'incarner qu'au travers de la pluralité des formes. L'une des premières distorsions et endommagement fut la proscription de cette sensualité avec la divinité, et donc la mise en perspective de son inaccessibilité et par voie de conséquence de son exclusion du réel.


Il y a bien une composante cosmogonique commune qui prouve la relation de ces formes diverses dans l'idée d'une unicité de la divinité, et ce, contrairement à la diabolisation qui fut entreprise au sujet des religions et traditions autres que catholiques. Diabolisation qui en aura fait cette pléthore confuse des "religions impies", polythéistes ou païennes depuis la Théologie du Paulinisme. Cette composante cosmogonique est connue chez les grecs comme l'"Axis Mundi", ou Axe du monde, qui figure une colonne centrale et verticale comme unicité divine. Colonne symbolique liant le Ciel à la Terre, l'âme humaine à l'âme suprême, dans une unicité transcendantale. Chez les grecs le Caducée d'Hermès n'est rien d'autre qu'une de ses symboliques, nous signalant que Hermès/Mercure parcourt du Ciel à la Terre sur son Axe. On le retrouve également chez les germaniques et les scandinaves sous le Nom de l'Irminsul, colonne centrale de l'Yggdrasil, l'arbre de Vie de cette Tradition, appelé aussi “ Arbre Monde ”. Dans la tradition biblique La Divinité se révèle à Moïse sur le Mont Horeb au travers du Buisson ardent qui n'est autre que l'Arbre de Vie lui même, arbre à travers lequel la divinité suprême se manifeste et révèle son Nom; d'ailleurs la faculté de Moïse sera de parcourir cet Arbre, tout comme l'Hermès des anciens grecs. Cet Axe central et l'Arbre de Vie qui lui est associé, se retrouvent ainsi en maintes traditions spirituelles à travers le monde, et nous prouve que toute culture témoigne de l'unicité dans la transcendance divine. Ces premiers éléments ébauchent notre démonstration sur l'absence de fracture substantielle réelle entre ce que l'on a nommé polythéisme et monothéisme, mais tendent à prouver que la dualité qui existe entre ces deux traditions, identifiées par l'historiographie actuelle, s'explique par un autre phénomène que leur opposition conceptuelle fondamentale. Cet autre phénomène qui se trouve être celui de la temporalité et des cycles historiques d’Effondrement, comme nous y reviendrons.


La notion d'unicité de la divinité reste du domaine de l'absolu et de l'inaccessibilité, elle correspond au visage caché de Dieu dont il est question dans la Thora, ou le Coran. C'est la raison pour laquelle on retrouve peu la trace d'un enseignement centré sur cette dimension de la divinité, les anciennes traditions vivaient leur relation à la divinité dans la multiplicité des phénomènes les environnant, car l'unicité avec Dieu ne peut s'atteindre que dans l'expérience de vie même (principe vital : voir plus loin les triades). Dans la tradition biblique elle-même la divinité se manifeste à travers divers aspects de sa réalité unique, réalité suprême inaccessible. Nous exposerons pourquoi un enseignement centré sur l'unicité de la Divinité vît le jour en réponse à l'excès de la multiplicité des formes durant la période antique, et qui culmina à l'idolâtrie.

La Divinité dans l'Unicité (Extrait 2)

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